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Comment parler d'argent avec ses enfants au Canada

Par Benjamin Thomas Publié le 10 min de lecture
Un père regarde son jeune fils comparer les prix de deux boîtes dans une allée d'épicerie.

Presque tous les guides sur l’éducation financière des enfants donnent aux parents canadiens la même consigne : parlez-en plus souvent. Les résultats canadiens ne vont pas dans ce sens. Quand l’OCDE a évalué la littératie financière des jeunes de 15 ans, les élèves du Canada qui discutaient d’argent avec leurs parents une ou deux fois par semaine ont obtenu de 12 à 29 points de moins que ceux qui en discutaient une ou deux fois par mois, selon le sujet.

Ce n’est pas une raison d’arrêter d’en parler. C’est une raison d’arrêter de vous évaluer à la fréquence. Ce qui allait de pair avec de meilleurs résultats était tout autre chose : ce que les adolescents faisaient concrètement avec leur propre argent.

Parler d’argent avec ses enfants, est-ce que ça fonctionne vraiment?

Ça fonctionne quand la conversation est rattachée à une décision que votre enfant est en train de prendre, et ça donne très peu quand c’est une leçon en boucle. Les résultats canadiens du PISA 2022 en littératie financière (s'ouvre dans un nouvel onglet) ne montrent aucun gain à en parler plus souvent, et sur deux sujets, les élèves qui en parlaient le moins ont devancé ceux qui en parlaient une fois par mois.

Ce que disent réellement les données canadiennes

Les jeunes Canadiens de 15 ans s’en tirent bien dans l’ensemble. Ils ont obtenu 519 points en moyenne, soit 21 de plus que la moyenne de l’OCDE (498), et 87 % ont atteint le niveau de compétence de base contre 82 % en moyenne dans l’OCDE. L’Alberta obtient le meilleur score avec 528 points, suivie de l’Ontario et de la Colombie-Britannique à 521, même si le rapport situe ces trois provinces dans la moyenne canadienne plutôt qu’au-dessus.

Le constat sur les parents se trouve plus loin dans le même rapport. Les élèves qui discutaient de questions d’argent avec leurs parents une ou deux fois par semaine ont obtenu de 12 à 29 points de moins que ceux qui en discutaient une ou deux fois par mois. Sur le budget familial et sur l’utilisation de l’argent de poche, les élèves qui n’en avaient jamais ou presque jamais discuté ont obtenu de meilleurs résultats que ceux qui en parlaient une ou deux fois par mois.

Pourquoi en parler plus souvent peut aller avec de moins bons résultats

C’est un portrait de jeunes de 15 ans à un moment donné, pas une expérience, alors ça ne dit pas dans quel sens va la flèche. L’explication la plus probable, c’est qu’elle va à l’envers : les parents parlent d’argent chaque semaine quand il y a une raison de le faire, et les difficultés d’argent en sont une. La situation familiale, elle, fait bouger les résultats. Le rapport canadien complet (s'ouvre dans un nouvel onglet) évalue à 68 points l’écart entre le quart des élèves les plus favorisés et le quart les moins favorisés, soit moins que les 87 points de l’OCDE mais un écart quand même large, allant de 53 points en Nouvelle-Écosse et au Manitoba à 83 points en Colombie-Britannique. Le budget familial, c’est justement le sujet qui revient toutes les semaines dans une maison où le budget est serré.

Lisez donc ce constat comme une correction. Parler d’argent souvent ne nuit pas à votre enfant, et un parent qui se sent en retard parce qu’il ne tient pas de leçon hebdomadaire peut lâcher prise là-dessus. La fréquence n’est tout simplement pas ce qui développe la compétence.

Les gestes qui font une différence

Le même rapport énumère les comportements : vérifier combien d’argent on a, s’assurer d’avoir reçu la bonne monnaie, comparer les prix et attendre qu’un article baisse avant de l’acheter. Les élèves qui faisaient ces gestes obtenaient de meilleurs résultats que ceux qui les faisaient rarement.

Une nuance honnête dans l’autre sens. Le rapport constate que le fait d’épargner, à la maison ou dans un compte, n’avait qu’un lien limité avec les résultats en littératie financière. Mettre de l’argent de côté reste une bonne habitude pour ses propres raisons. C’est le fait de manipuler l’argent qui allait de pair avec le fait de le comprendre.

Qu’est-ce qui développe le sens de l’argent, si ce n’est la fréquence des discussions?

Les décisions. Un enfant qui choisit entre deux choses avec de l’argent qui lui appartient vraiment reçoit une réponse qu’aucune conversation ne peut donner, parce que le résultat retombe sur lui plutôt que sur vous. Tous les comportements associés à de meilleurs résultats au Canada étaient des gestes concrets.

Confiez des décisions assez petites pour que l’erreur ne coûte rien

Commencez par une décision dont le pire scénario est un après-midi gâché. Un enfant de sept ans qui choisit entre un gros jouet aujourd’hui et deux petits fait un vrai raisonnement financier, à une échelle où l’enjeu est nul. Augmentez avec l’âge : un montant mensuel qui couvre une vraie catégorie, comme les collations ou les jeux, c’est un budget avec des conséquences.

Laissez une mauvaise décision rester une mauvaise décision

Le moment où un enfant flambe trois semaines d’allocation dès la première journée, c’est le moment où la leçon se passe, et le renflouer l’efface. C’est la partie la plus difficile de tout l’exercice et c’est celle qui enseigne réellement. Deux semaines sans argent à neuf ans, c’est une formation bon marché comparée à la même erreur à 25 ans sur une carte de crédit.

Versez l’allocation à date fixe, pas sur demande

Un montant fixe à un jour fixe enseigne le rythme sur lequel fonctionne la majeure partie de l’argent des adultes : le revenu arrive, il doit durer, et rien ne le complète entre-temps. Donner de l’argent chaque fois qu’on en demande enseigne l’inverse. Le montant compte beaucoup moins que la régularité, et l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet) suggère de rattacher l’allocation à des objectifs qui tiennent vraiment à cœur à votre enfant plutôt qu’à un chiffre que vous avez choisi.

Quoi aborder à quel âge?

ÂgeCe que vous confiezLe repère canadien
3 à 5 ansDe l’argent comptant pour un petit achat qu’il choisitRien encore
6 à 9 ansUne allocation hebdomadaire à dépenser ou à garderUn premier compte d’épargne jeunesse
10 à 12 ansUn montant mensuel qui couvre une vraie catégorieLes années de subvention du REEE s’écoulent
13 à 15 ansUne carte de débit et un solde à surveillerL’Ontario ajoute une exigence en 10e année
16 à 17 ansSa propre paie, et la déclaration qui vient avecProduire une déclaration ouvre des droits REER
18 ansLe resteLe CELI s’ouvre, 19 ans dans certaines provinces

Quels comptes un enfant canadien peut-il vraiment avoir?

Plus que ce que la plupart des parents pensent. Un enfant peut détenir un compte bancaire dès la naissance avec un parent, un REEE fonctionne dès la naissance et donne droit à une subvention fédérale, et tout le reste attend l’âge de la majorité.

CompteQuand il s’ouvreÀ quoi il sertLa condition
Compte courant ou épargne jeunesseDès la naissance, avec un parentUn vrai solde à surveillerGénéralement conjoint jusqu’à la majorité
REEE avec la SCEEDès la naissance, ouvert par un parentÉtudes postsecondaires et subventionLe droit s’arrête après 17 ans
CELI18 ans, ou 19 ans selon la provinceÉpargner à l’abri de l’impôtExige un NAS et la résidence fiscale
Première carte de créditHabituellement 18 ansBâtir un dossier de créditLes paiements manqués sont inscrits

La subvention du REEE a une échéance, et la manquer coûte cher

La Subvention canadienne pour l’épargne-études (s'ouvre dans un nouvel onglet) verse 20 % de ce que vous cotisez à un REEE, jusqu’à 500 $ par année par enfant et 7 200 $ à vie. Les familles dont le revenu familial net rajusté est plus faible reçoivent 50 $ ou 100 $ de plus par année sur les premiers 500 $ cotisés, et les droits inutilisés se reportent, alors une année de rattrapage peut aller chercher jusqu’à 1 000 $.

Il y a deux échéances, et c’est la seconde qui piège les parents. Les droits de subvention s’accumulent seulement jusqu’à l’année des 17 ans de l’enfant. En plus, un jeune de 16 ou 17 ans n’a droit à aucune subvention à moins que 2 000 $ aient déjà été cotisés avant la fin de l’année de ses 15 ans, ou 100 $ pendant au moins quatre années antérieures. Ouvrez le REEE à 16 ans et il n’y a plus rien à toucher. Un supplément garanti de 20 % versé par le gouvernement fédéral, c’est le plus gros chiffre de cet article, et c’est celui qui expire.

À 18 ans, plusieurs choses arrivent d’un coup

Un CELI exige trois choses : la résidence fiscale canadienne, un NAS valide et 18 ans. Dans les provinces et territoires où l’âge de la majorité est 19 ans, votre enfant ne peut pas signer le contrat à 18 ans, mais l’ARC confirme (s'ouvre dans un nouvel onglet) qu’il en ouvre un à 19 ans et reporte les droits de l’année de ses 18 ans. Rien n’est perdu, et ça vaut la peine de le dire à voix haute à un jeune de 17 ans plutôt qu’à un jeune de 19 ans.

L’Ontario évalue maintenant la littératie financière pour le diplôme

À compter de l’année scolaire 2026-2027, les élèves qui ont commencé la 9e année en 2025-2026 ou après doivent satisfaire à une condition d’obtention du diplôme liée à la littératie financière (s'ouvre dans un nouvel onglet) pour obtenir leur diplôme d’études secondaires de l’Ontario. Ils la remplissent dans le cours obligatoire Exploration de carrière de 10e année, avec des modules et des questions conçus par TVO, et il leur faut au moins 70 %.

Les élèves ont jusqu’à deux tentatives pendant le cours, la meilleure note compte, et le résultat vaut 5 % de la note finale du cours et figure au relevé de notes de l’Ontario. Le contenu vient de la littératie financière déjà présente au programme de la 1re à la 9e année, donc ce sont les bases plutôt que de la matière nouvelle.

Si vous n’êtes pas en Ontario, ce qui est utile à retenir, c’est ce que l’exigence ne couvre pas. Elle évalue les bases qu’une école peut enseigner en classe. Ce qu’aucun enseignant ne peut faire, c’est remettre 60 $ à un jeune de 15 ans et le laisser se tromper. Cette partie-là vous revient.

Et si l’argent est serré à la maison?

Alors vous enseignez ça en mode difficile, et la recherche le dit clairement : les élèves issus de milieux défavorisés ont obtenu des résultats nettement plus faibles dans tous les pays évalués par le PISA. C’est un vrai écart et ce n’est pas un échec parental.

Ce qui fonctionne à tous les revenus, c’est la structure. Une petite somme fixe qui lui appartient vraiment, un choix rattaché à cette somme, et aucun sauvetage quand elle est épuisée : ça marche pareil à 5 $ par semaine qu’à 50 $. La leçon est dans la décision, pas dans le montant.

Ce qui vaut la peine d’être protégé, c’est le genre de conversations qu’ils entendent en arrière-plan. Un enfant qui n’entend parler d’argent que lorsque c’est un problème apprend que l’argent est une source de stress, et on traîne ça jusqu’à l’âge adulte. Si épargner semble impossible chez vous en ce moment, notre guide sur pourquoi c’est si difficile d’épargner explique ce qui se passe vraiment, et comment faire un budget est l’étape pratique suivante.

Où Lodavo entre en jeu

Lodavo s’adresse aux adultes, alors votre adolescent ne pourra pas l’utiliser avant l’âge de la majorité là où vous habitez. D’ici là, ce qui est utile, c’est ce qu’il vous voit faire.

Lodavo vous donne des billets gratuits dans un tirage hebdomadaire en argent parce que vous épargnez, à la banque canadienne que vous utilisez déjà. Plus vous épargnez, plus vous avez de chances, avec un prix maximal de 10 000 $ et au moins 100 $ remis à un utilisateur chaque semaine. Les enfants copient bien plus fidèlement les comportements d’argent qu’ils voient que les conseils qu’on leur donne, et une habitude d’épargne est plus facile à tenir devant eux quand chaque semaine se termine par un tirage.

Envie de leur montrer ce que fait la capitalisation avant qu’ils aient un examen là-dessus? Notre calculateur d’intérêts composés fait la démonstration en une dizaine de secondes.

Par où commencer cette semaine

Choisissez une décision et confiez-la. Une allocation hebdomadaire sans rallonge, le budget d’épicerie d’une seule allée, ou la paie d’un emploi d’été qui s’en va dans un compte à son nom. C’est toute la méthode, et ça vaut mieux qu’une conversation de plus.

Envie de rendre votre propre épargne plus amusante? Téléchargez Lodavo gratuitement sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) ou le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet) et commencez à accumuler des billets pour le tirage hebdomadaire.

Des conditions s’appliquent. Aucun achat requis (un mode de participation alternatif est offert). Une question d’habileté mathématique est exigée. Ouvert aux résidents légaux du Canada ayant atteint l’âge de la majorité. Les chances de gagner dépendent du nombre de participations admissibles reçues. Règlement complet et chances de gagner dans nos règles du concours.

Foire aux questions

Est-ce que je devrais dire à mes enfants combien je gagne?

La plupart des familles ne le font pas, et rien n'indique qu'il le faut. Un chiffre sans contexte donne surtout à un enfant quelque chose à répéter à l'école. Ce qui vaut la peine d'être partagé, c'est la forme du budget : la paie est limitée, le loyer et l'épicerie passent en premier, et le voyage que vous préparez a demandé des mois de choix.

Mon adolescent devrait-il produire une déclaration de revenus s'il n'a gagné que quelques milliers de dollars?

Habituellement oui, même s'il ne doit rien. La déclaration établit son revenu gagné, et les droits de cotisation à un REER s'accumulent à 18 % du revenu gagné de l'année précédente. Un jeune de 16 ans qui a gagné 5 000 $ dans un emploi d'été se crée environ 900 $ de droits qu'il garde pour toujours. Sans déclaration, ces droits n'existent tout simplement pas.

Mon enfant ne veut dépenser que dans des jeux vidéo. Est-ce inquiétant?

Ça mérite d'être surveillé. Les coffres à butin et les tirages dans les jeux font payer de l'argent réel pour une récompense aléatoire, ce qui enseigne une tout autre leçon que l'épargne. Notre guide sur le jeu chez les adolescents explique quoi surveiller et comment en parler sans que ça tourne à la chicane.

Mon adolescent peut-il utiliser Lodavo?

Pas avant l'âge de la majorité là où il habite, soit 18 ou 19 ans selon la province. Rendu là, c'est gratuit, et Lodavo ne voit ni ne conserve jamais ses identifiants bancaires. Notre page sécurité explique ce que la connexion permet et ne permet pas.

Première appli d’épargne liée à des prix au Canada

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