Taux de change : ce qu'un huard faible coûte aux Canadiens

Le 15 septembre 2026, un dollar canadien valait environ 72 cents américains. En 2021, il tournait plutôt autour de 80. Rien n’a changé dans un ordinateur portable, une chambre d’hôtel ou un sac de café pendant ces cinq ans, mais le nombre de dollars canadiens qu’il faut pour les acheter, lui, a changé.
C’est l’inflation qu’on blâme d’habitude pour la hausse des prix, et la plupart du temps c’est juste. Le taux de change y est pour quelque chose aussi, et il touche presque tout ce que le Canada achète ailleurs.
Qu’est-ce qu’un taux de change?
Un taux de change, c’est ce que vaut une devise dans une autre. À la mi-septembre 2026, un dollar américain coûtait environ 1,39 $ canadien, ce qui revient à dire qu’un dollar canadien valait environ 72 cents américains. Ces deux chiffres sont le même fait, écrit dans un sens ou dans l’autre.
Les taux bougent chaque jour ouvrable. La Banque du Canada publie un taux quotidien officiel (s'ouvre dans un nouvel onglet), mais elle ne fixe pas ce taux et ne cherche pas à maintenir le dollar à un certain niveau. Le dollar canadien flotte : il vaut ce que les acheteurs et les vendeurs de partout dans le monde sont prêts à payer ce jour-là.
Quand le huard est fort, votre argent va plus loin sur tout ce dont le prix est fixé dans une autre devise. Quand il est faible, le même achat demande plus de dollars canadiens. Rien n’a besoin de changer dans le produit pour que son prix bouge ici.
Où en est le dollar canadien?
Le huard a reculé sans arrêt, d’environ 80 cents américains en 2021 à environ 71,5 en 2025, et il est remonté à environ 72 cette année. Même après cette légère reprise, un article dont le prix est en dollars américains demande à peu près 10 % de dollars canadiens de plus qu’il y a cinq ans, avant les frais.
| Année | Dollar canadien (moyenne, cents américains) | Ce que 100 $ US coûtaient en $ CA |
|---|---|---|
| 2021 | 79,8 | 125,35 $ |
| 2022 | 76,8 | 130,13 $ |
| 2023 | 74,1 | 134,97 $ |
| 2024 | 73,0 | 136,98 $ |
| 2025 | 71,5 | 139,78 $ |
| 2026 (jusqu’au 15 septembre) | 72,3 | 138,38 $ |
Moyennes annuelles du taux quotidien USD/CAD de la Banque du Canada. Le chiffre de 2026 couvre du 1er janvier au 15 septembre.
D’une année à l’autre, les mouvements semblent petits. Mis bout à bout, c’est la différence entre un achat de 1 000 $ US à 1 254 $ et le même achat à 1 384 $.
Pourquoi le taux de change touche-t-il la vie de tous les jours?
Parce que le Canada achète beaucoup à l’étranger, et que presque tout ça a d’abord un prix dans une autre devise. L’épicerie, l’électronique, les autos, les vêtements, les abonnements de diffusion en continu, les chambres d’hôtel et les actions américaines passent tous par le taux de change avant de vous arriver.
Les produits importés coûtent plus cher
Imaginez un ordinateur portable affiché à 1 000 $ US. À 80 cents, ça revient à environ 1 250 $ canadiens. À 72 cents, le même ordinateur coûte environ 1 390 $. L’ordinateur n’a pas changé. Votre devise, oui.
Les détaillants ne changent pas leurs prix du jour au lendemain. Ils achètent leurs stocks des mois d’avance, alors un huard plus faible se traduit en général par un prix un peu plus élevé en magasin une saison ou deux plus tard, réparti sur tout le magasin plutôt qu’annoncé sur un produit. C’est aussi pour ça qu’un mouvement de devise et une série de tarifs douaniers ont l’air pareils à la caisse, même s’ils fonctionnent différemment.
Les voyages coûtent plus cher, et les frais s’ajoutent par-dessus
Un souper à 100 $ US coûte environ 125 $ canadiens à 80 cents, et environ 139 $ à 72. Ensuite, votre carte ajoute des frais de conversion de devises. L’exemple chiffré (s'ouvre dans un nouvel onglet) de l’Agence de la consommation en matière financière du Canada utilise 2,5 %, ce qui est typique, et ces frais s’appliquent à chaque achat fait dans une autre devise. Le souper à 139 $ devient donc environ 142 $.
Sur 3 000 $ US de dépenses pendant un voyage de deux semaines, le mouvement de la devise seul représente environ 390 $ de plus que le même voyage en 2021, et les frais de conversion ajoutent à peu près 100 $ par-dessus.
Il y a un dernier piège, au terminal de paiement. Quand une machine à l’étranger vous propose de vous facturer en dollars canadiens plutôt qu’en devise locale, elle applique son propre taux de change, et ce taux est presque toujours moins bon que celui de votre carte. Choisir la devise locale revient presque toujours moins cher.
Les placements américains se convertissent deux fois
Beaucoup de Canadiens détiennent des actions américaines, et leur prix est en dollars américains. Votre rendement a donc deux composantes : ce qu’a fait l’action, et ce qu’a fait le dollar.
Disons que vous mettez 1 000 $ US dans une action américaine quand un dollar américain coûte 1,39 $ canadien. Ça fait 1 390 $ qui sortent de votre compte. L’action gagne 10 %, pour atteindre 1 100 $ US. Si le huard s’est renforcé à 1,30 $ entre-temps, votre placement vaut 1 430 $ canadiens, soit un gain de moins de 3 %. Si le huard a plutôt faibli à 1,45 $, ce même gain de 10 % vaut 1 595 $, soit environ 15 %.
Ça joue dans les deux sens, alors le taux de change peut aider votre rendement autant que lui nuire. Certains fonds vendus au Canada couvrent le risque de change contre de petits frais et d’autres non, alors ça peut valoir la peine de vérifier lequel vous détenez.
Qu’est-ce qui fait monter ou descendre le dollar canadien?
Le huard flotte, ce qui veut dire que personne n’en fixe le prix. La Banque du Canada ne vise aucun niveau pour lui (s'ouvre dans un nouvel onglet). Le dollar vaut ce que les acheteurs du monde entier acceptent de payer, et ça dépend surtout de leur appétit pour ce que le Canada vend.
Les taux d’intérêt
Quand les taux d’intérêt canadiens sont plus élevés que ceux des autres pays, détenir des dollars canadiens rapporte davantage et l’argent afflue. Quand ils sont plus bas, il repart. Le taux directeur de la Banque du Canada était de 2,25 % en septembre 2026, sous l’équivalent américain, et cet écart explique en partie où se situe le huard.
Le prix des matières premières
Le Canada exporte du pétrole, du gaz, du bois, de la potasse et des métaux. Quand ces prix montent, plus d’argent entre au pays et la demande de dollars canadiens monte avec. Selon la Banque du Canada, quand le prix des matières premières augmente, la devise a tendance à monter, et quand il baisse, elle a tendance à descendre.
La santé de l’économie
La croissance, l’emploi et la confiance envers les actifs canadiens attirent l’argent. Des chiffres faibles le font repartir. C’est le plus lent à bouger et le plus difficile à juger pendant que ça se passe.
Les événements mondiaux
Les conflits commerciaux, les élections, les guerres et les chocs financiers poussent les investisseurs vers des devises plus sûres, et c’est habituellement le dollar américain qu’ils choisissent. Le huard peut baisser pendant une semaine où rien n’a changé au Canada.
Que faire quand le dollar est faible?
Personne ne peut faire bouger le taux de change. Ce que vous contrôlez, c’est le moment où vous convertissez votre argent, et votre degré de préparation quand les prix montent.
- Planifiez vos gros achats à l’étranger au lieu de les faire sur le coup. Si vous savez qu’un voyage ou un achat américain s’en vient, suivez le taux pendant quelques semaines plutôt que de convertir la veille. Un écart de deux cents américains sur le huard vaut environ 190 $ sur un achat de 5 000 $ US.
- Vérifiez ce que votre carte facture. Les frais de conversion sont dans votre contrat de titulaire. Une poignée de cartes canadiennes ne facturent rien sur les achats en devise étrangère, et si vous voyagez ou achetez souvent en dollars américains, ça vaut plus pour vous que la plupart des programmes de récompenses.
- Ne jugez pas un placement sur une seule année de devise. Un huard fort peut aplatir une bonne année et un huard faible peut embellir une mauvaise. Ni l’un ni l’autre ne vous apprend grand-chose sur l’entreprise que vous avez achetée.
- Gardez un coussin. Une hausse de prix devient une crise seulement quand il n’y a rien de côté. Un fonds d’urgence, c’est ce qui transforme une dépense soudaine en simple contrariété.
Où l’épargne entre en jeu quand le dollar est faible
Vous ne pouvez rien faire au sujet du huard. Vous pouvez faire quelque chose au sujet de la marge que vous avez quand les prix bougent, et dans une année comme celle-ci, c’est l’essentiel de l’argument pour épargner.
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Le taux bouge dans les deux sens
Le taux de change fait partie de ces choses qu’on peut surveiller sans jamais les contrôler, comme la météo ou le prix de l’essence. Il a baissé quatre années de suite et il est remonté cette année, ce qui est le schéma habituel. Ce que vous contrôlez, c’est votre degré de préparation quand il tourne contre vous, et ça dépend surtout de ce que vous avez mis de côté.
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