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L'impact des tarifs douaniers sur les Canadiens en 2026

Par Benjamin ThomasPublié le 7 min de lecture
Des produits d'épicerie et d'usage courant sur un comptoir de béton : un bloc de fromage, une bouteille de shampoing, une chemise de coton pliée et un sac de papier.

Le 8 septembre 2026 à 0 h 01, les contre-tarifs canadiens sur les produits américains entrent en vigueur à des taux de 15, 25 et 50 %, sur des marchandises représentant 27,6 milliards de dollars d’importations en provenance des États-Unis. Les tarifs douaniers rejoignent les consommateurs canadiens de façon indirecte, et c’est pour ça que celui-ci passe facilement inaperçu. Votre reçu n’affichera jamais de ligne « tarif ». Ce que vous verrez, c’est un prix un peu plus élevé sur le fromage, le shampoing, un manteau d’hiver ou une nouvelle cuisinière, et ça arrive sur des semaines plutôt que d’un coup. Voici ce qui est sur la liste, ce que la hausse des prix a déjà coûté à un ménage canadien cette année, et les parties sur lesquelles vous avez une prise.

Qu’est-ce qui change le 8 septembre?

Le Canada applique des tarifs de 15, 25 et 50 % à une liste de produits américains représentant 27,6 milliards de dollars d’importations. Le taux de chaque produit correspond au taux américain sur la même marchandise. Ça commence à 0 h 01 le 8 septembre 2026, et les produits américains déjà en transit vers le Canada ce jour-là sont exemptés.

Pourquoi maintenant

Les États-Unis ont bougé les premiers. Après des pourparlers à Washington qui se sont terminés sans entente, ils ont imposé un tarif de 50 % sur 27,6 milliards de dollars de marchandises canadiennes le 22 août 2026. Le premier ministre Mark Carney a annoncé que le Canada répliquerait dollar pour dollar, ce qui explique que la liste canadienne couvre les mêmes 27,6 milliards. Ottawa a aussi annoncé une enveloppe de 7,5 milliards de dollars pour les travailleurs et les entreprises touchés par les mesures américaines, en plus des près de 25 milliards qu’il dit avoir versés depuis le début des tarifs américains.

Comment un produit devient « américain »

Un tarif suit le pays d’origine, pas la marque sur la boîte ni l’entrepôt d’où la marchandise est partie. Le Canada utilise les règles de marquage de l’ACEUM : un bien est américain s’il peut être marqué comme un produit des États-Unis. Une marque américaine qui fabrique au Mexique ou au Vietnam n’est pas visée. Un détaillant canadien qui importe un produit véritablement fabriqué aux États-Unis, oui.

Qu’est-ce qui coûtera plus cher au quotidien?

La majeure partie de la liste est industrielle : acier, aluminium, pâtes et papiers, machinerie agricole. Mais une vraie tranche touche les articles ordinaires d’un panier d’épicerie ou d’une visite à la quincaillerie. Voici les catégories de la liste officielle de Finances Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet) qu’un ménage achète pour vrai.

CatégorieExemples sur la listeTaux
Produits laitiersLait en poudre, lactosérum, certains fromages25 à 50 %
Autres alimentsMiel, mélasse50 %
Beauté et soins capillairesParfums, cosmétiques, produits capillaires50 %
Papier et plastiques ménagersPapier hygiénique, autres papiers, vaisselle de plastique25 à 50 %
Vêtements et textilesVêtements pour hommes et femmes, tapis, moquettes25 à 50 %
ÉlectroménagersCuisinières au gaz, appareils de cuisson25 %
Matériaux de constructionBois de sciage, contreplaqué, acier de charpente, attaches25 à 50 %

Le taux de chaque produit correspond au taux américain sur la même marchandise, ce qui explique qu’une catégorie puisse couvrir deux taux. La liste de Finances Canada fait autorité pour un article précis.

Remarquez ce qui n’y est pas. Les fruits et légumes frais, la viande et la plupart des aliments emballés ne figurent pas sur la liste des contre-tarifs. L’épicerie de la semaine est donc moins exposée que le gros chiffre le laisse croire. Les vraies hausses se font sentir sur les achats occasionnels : une cuisinière, une rénovation, un manteau.

Combien ça a coûté à un ménage jusqu’ici?

Les prix montaient déjà avant tout ça. Le taux d’inflation au Canada a atteint 3,0 % sur un an en juillet 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet), en hausse par rapport à 2,8 % en juin, surtout à cause de l’essence. Sans l’essence, le chiffre était de 2,2 % pour un troisième mois de suite. L’inflation à l’épicerie a d’ailleurs ralenti dans ce même relevé, à 3,1 % contre 3,9 %.

L’épicerie

Le Rapport sur les prix alimentaires, la prévision annuelle pilotée par l’Université Dalhousie, prévoit qu’une famille de quatre dépensera 17 572 $ en nourriture en 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet), soit jusqu’à environ 995 $ de plus qu’en 2025, avec des prix alimentaires en hausse de 4 à 6 %. Le rapport pointe le comptoir des viandes et les effets persistants de la politique tarifaire américaine.

Ce que surveille la Banque du Canada

Le 2 septembre 2026, la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % (s'ouvre dans un nouvel onglet) pour une septième décision d’affilée, laissant le taux préférentiel à 4,45 %. Dans le même communiqué, elle a signalé des risques à la hausse plus marqués pour l’inflation, en nommant les nouveaux tarifs américains et les contre-mesures canadiennes aux côtés des prix élevés de l’énergie. La prochaine décision est le 28 octobre 2026.

Un ménage se retrouve donc coincé des deux côtés. Les prix montent doucement, et comme la Banque ne baisse pas, emprunter ne coûte pas moins cher non plus.

Est-ce que je paie des tarifs sur une commande que je fais moi-même aux États-Unis?

Habituellement pas directement. Le contre-tarif est payé à la frontière par l’importateur officiel canadien, qui est le détaillant ou le distributeur pour presque tout ce qu’un ménage achète. Il paie l’ASFC, puis décide de la portion qu’il met sur le prix en tablette. Ça vous rejoint donc comme un prix plus élevé plutôt que comme des frais distincts.

Commander directement ou rapporter des achats vous-même fonctionne comme avant. Votre exemption personnelle s’applique en premier. Sous 24 heures d’absence, vous n’y avez pas droit du tout (s'ouvre dans un nouvel onglet), puis c’est jusqu’à 200 $ CA après 24 heures et jusqu’à 800 $ CA après 48 heures. Au-delà, les droits réguliers et les taxes de vente s’appliquent sur l’excédent, et le taux de change s’ajoute par-dessus. Les tarifs comptent surtout ici quand vous importez un véhicule ou quelque chose lié aux mesures sur l’acier et l’aluminium.

Qu’est-ce qui aide vraiment

Remplacer par des marques canadiennes réduit votre exposition partout où un substitut existe, et devancer un achat déjà décidé fait économiser une fois. Ni l’un ni l’autre ne couvre une hausse générale du prix des aliments ou un dollar plus faible. C’est à ça que sert un coussin, et c’est lui qui vaut la peine d’être bâti maintenant.

Remplacez quand une version canadienne existe. C’est le geste le moins cher, et beaucoup de Canadiens le posent déjà. Dans un sondage Ipsos de septembre 2025 (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) en anglais, 56 % disaient avoir acheté plus de produits ou de placements canadiens au cours des deux semaines précédentes, et 82 % de ceux qui avaient fait le changement disaient vouloir s’y tenir après la crise. Les produits laitiers, le papier et les soins personnels ont tous de solides options canadiennes.

Devancez un gros achat que vous aviez déjà décidé. Si une cuisinière ou une rénovation était déjà au programme cet automne, acheter avant que la hausse se répercute sur le prix est une véritable économie. Acheter quelque chose que vous n’alliez pas acheter, non.

Bâtissez le coussin. Le remplacement aide à la marge, et il finit par s’épuiser. Vous ne pouvez pas contourner une hausse de 4 à 6 % du prix des aliments à coups de substitutions, et vous ne pouvez rien faire du tout sur le taux de change. De l’argent mis de côté d’avance, c’est ce qui absorbe une période comme celle-là, et c’est le plus dur à faire quand c’est justement le prix en tablette qui monte. Si vous partez d’un coussin mince, notre guide sur comment se constituer un fonds d’urgence au Canada explique par où commencer.

Où l’épargne entre en jeu quand tout coûte plus cher

Épargner devient plus difficile exactement au moment où ça compte le plus, et aucune liste de tarifs ne change ça. Ce que Lodavo fait, c’est vous récompenser pour l’épargne que vous faites déjà. Chaque tranche de 25 $ que vous gardez épargnée vous donne un billet gratuit à un tirage hebdomadaire en argent. L’argent que vous avez déjà mis de côté vous donne donc une chance de gagner, en plus des intérêts qu’il rapporte. Au moins 100 $ vont à un Canadien chaque semaine, et les prix peuvent atteindre 10 000 $.

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Les prix montent de toute façon. Lodavo est gratuite sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) et sur le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet), et l’épargne que vous avez déjà commence à vous donner des billets pour le tirage de cette semaine.

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Foire aux questions

Est-ce que les tarifs s'appliquent aux produits américains que je possède déjà?

Non. Un tarif douanier est perçu au moment où la marchandise franchit la frontière. Il ne vise donc que les produits américains importés au Canada à partir du 8 septembre 2026. Tout ce qui se trouve déjà dans un entrepôt canadien, sur une tablette ou chez vous a été importé sous les anciennes règles.

Est-ce que les produits fabriqués au Canada vont coûter plus cher aussi?

Certains, oui. Un produit fabriqué ici utilise souvent des intrants américains, et l'acier, le bois d'œuvre, l'emballage et le papier figurent tous sur la liste des contre-tarifs. Quand ces intrants coûtent plus cher, le produit canadien fini peut coûter plus cher lui aussi, sans jamais être tarifé.

Le taux de change compte-t-il plus que le tarif douanier?

Pour bien des importations, oui. Un dollar canadien plus faible fait monter le prix de tout ce que le Canada achète à l'étranger, pas seulement des produits américains visés par une liste. Quelques cents de variation du dollar peuvent peser plus lourd qu'un tarif de 25 % sur une seule catégorie de produits.

Ces tarifs peuvent-ils être retirés?

Oui. Ce sont des mesures gouvernementales, donc le gouvernement peut les lever, et le Canada a déjà retiré des contre-tarifs après une entente. Les négociations commerciales ont échoué en août 2026, alors il n'y a pas d'échéancier. Considérez la liste actuelle comme la règle jusqu'à avis contraire de Finances Canada.

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