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Combien les Canadiens dépensent-ils en épicerie? (2026)

Par Benjamin Thomas Publié le 10 min de lecture
Un sac d'épicerie en papier contenant des légumes en papier et une baguette, sur un fond bleu foncé.

Le ménage canadien moyen a dépensé 8 659 $ en épicerie en 2023, soit environ 722 $ par mois. C’est le chiffre mesuré, celui de Statistique Canada, et il se situe très loin sous les 17 571 $ qui ont fait les manchettes partout au pays l’hiver dernier. Les deux chiffres sont vrais. Ils répondent à des questions complètement différentes, et si vous avez déjà lu un article sur l’épicerie en concluant que vous faisiez sûrement quelque chose de travers, l’écart entre les deux en est probablement la raison.

Combien le ménage canadien moyen dépense-t-il en épicerie?

Les ménages canadiens ont dépensé en moyenne 8 659 $ en aliments achetés au magasin en 2023, une hausse de 7,4 % par rapport à 2021, selon l’Enquête sur les dépenses des ménages (s'ouvre dans un nouvel onglet) de Statistique Canada. Cela donne environ 722 $ par mois, ou 167 $ par semaine. Les ménages ont dépensé 3 351 $ au restaurant durant la même année, et les dépenses alimentaires totales ont atteint 12 046 $ en moyenne.

L’alimentation a été le troisième poste de dépenses des ménages en 2023, à 15,7 % de tout ce qu’ils ont consacré aux biens et services. Seuls le logement (32,1 %) et le transport (15,8 %) ont pris davantage.

Lisez la moyenne en sachant ce qu’elle contient

Ce chiffre vient d’une enquête menée auprès de 9 991 ménages dans les dix provinces, et il fait la moyenne de tous les types de ménages. Près du tiers d’entre eux, 30,4 %, étaient des personnes vivant seules. Les 8 659 $ mélangent donc le panier d’une personne seule et celui d’une famille de cinq, ce qui explique très bien pourquoi si peu de gens y reconnaissent leur propre facture. C’est le même piège qui rend les chiffres sur l’épargne moyenne si décourageants à lire : une moyenne décrit une population, pas une personne.

La répartition varie aussi selon le revenu. Les ménages du cinquième le plus pauvre ont consacré 17,9 % de leurs dépenses à l’alimentation, contre 14,6 % pour le cinquième le plus riche.

Ce que contient vraiment le panier moyen

Statistique Canada divise les aliments achetés au magasin en huit catégories (s'ouvre dans un nouvel onglet). Le classement en surprend plusieurs.

CatégorieDépense moyenne en 2023Variation depuis 2021
Boissons non alcoolisées et autres produits alimentaires2 153 $+11,9 %
Viande1 544 $+1,8 %
Produits laitiers et œufs1 203 $+3,6 %
Fruits, préparations de fruits et noix1 073 $+4,2 %
Légumes et préparations de légumes1 031 $+6,6 %
Produits de boulangerie861 $+23,4 %
Céréales et produits céréaliers523 $+12,7 %
Poissons et fruits de mer270 $-11,5 %

Le plus gros poste n’est pas la viande. C’est le fourre-tout des boissons gazeuses, de l’eau embouteillée, des condiments, des bonbons et des grignotines, à 2 153 $ par année. Les produits de boulangerie ont grimpé le plus vite de tous, de 23,4 %, tirés par les pâtisseries prêtes à manger (236 $, en hausse de 49,4 %) et le pain (224 $, en hausse de 31,0 %). Les poissons et fruits de mer ont fait le contraire, en baisse de 11,5 %, les dépenses en saumon reculant de plus du quart alors que son prix a grimpé jusqu’à 29,10 $ le kilo en mars 2023.

Pourquoi les 17 571 $ des manchettes ne sont pas votre facture d’épicerie

Le Rapport annuel sur les prix alimentaires 2026 (s'ouvre dans un nouvel onglet) prévoit qu’une famille de quatre personnes dépensera jusqu’à 17 571,79 $ en alimentation cette année. Divisez par douze et vous obtenez environ 1 464 $ par mois, le chiffre auquel bien des gens finissent par se comparer. Le rapport, dans ses propres mots, décrit quelque chose de beaucoup plus étroit, et trois nuances disparaissent en chemin vers la manchette.

C’est un maximum, pas une attente. Le rapport prévoit une hausse des prix alimentaires de 4 % à 6 % en 2026. Pour construire les chiffres par ménage, les auteurs écrivent qu’ils utilisent « la valeur la plus élevée de l’échelle prévue (pour cette année, 6 %) » et multiplient les coûts observés l’année précédente par cette valeur. Les 17 571,79 $ sont le sommet de la fourchette, et le rapport écrit « jusqu’à » chaque fois qu’il énonce le chiffre dans le texte.

C’est un ménage bien précis. Cette famille de quatre, c’est un homme de 31 à 50 ans, une femme de 31 à 50 ans, un garçon de 14 à 18 ans et une fille de 9 à 13 ans. Deux adultes et deux adolescents en pleine croissance, c’est à peu près le ménage de quatre personnes le plus vorace qu’on puisse assembler.

Il suppose que vous ne mangez jamais à l’extérieur. La section des limites du rapport précise que « ces calculs supposent que les consommateurs préparent et consomment exclusivement leurs repas à domicile ». Les auteurs prévoient aussi 5 % de gaspillage alimentaire et excluent les frais de livraison, les frais de commande d’épicerie en ligne et le coût des régimes alimentaires spécialisés.

Ce que le rapport produit est donc un modèle de coût nutritionnel plutôt qu’une enquête sur les dépenses. Il répond à la question « combien coûterait à cette famille de se nourrir entièrement à la maison, dans une mauvaise année pour les prix? » Statistique Canada répond à « combien les ménages ont-ils réellement payé? » Aucun des deux n’a tort. Comparer votre reçu au premier, par contre, oui.

Combien votre ménage devrait-il dépenser en épicerie?

Le Rapport annuel sur les prix alimentaires est bien plus utile une personne à la fois. Il publie un coût alimentaire annuel maximal prévu pour chaque âge et chaque sexe, et les totaux par ménage ne sont que l’addition de ces chiffres. La fameuse famille de quatre, c’est 4 497,26 $ plus 4 035,10 $ plus 5 020,88 $ plus 4 018,55 $, ce qui donne exactement 17 571,79 $.

PersonneCoût alimentaire maximal prévu, 2026
Enfant, 6 à 11 mois3 328,83 $
Enfant, 1 à 3 ans2 547,68 $
Garçon, 4 à 8 ans3 323,80 $
Garçon, 9 à 13 ans4 279,32 $
Garçon, 14 à 18 ans5 020,88 $
Homme, 19 à 30 ans4 725,31 $
Homme, 31 à 50 ans4 497,26 $
Homme, 51 à 70 ans4 368,32 $
Homme, 70 ans et plus4 198,60 $
Fille, 4 à 8 ans3 183,37 $
Fille, 9 à 13 ans4 018,55 $
Fille, 14 à 18 ans4 172,36 $
Femme, 19 à 30 ans4 114,39 $
Femme, 31 à 50 ans4 035,10 $
Femme, 51 à 70 ans3 950,92 $
Femme, 70 ans et plus3 779,10 $

Additionnez votre propre ménage et vous obtenez un plafond pour nourrir tout le monde à la maison cette année. Deux adultes dans la trentaine arrivent à 8 532,36 $, soit environ 711 $ par mois. Un couple dans la soixantaine arrive à 8 319,24 $. Une femme seule dans la vingtaine arrive à 4 114,39 $, soit à peu près 343 $ par mois.

Voyez ce montant comme le haut de votre fourchette plutôt que comme une cible. Si vous mangez parfois à l’extérieur, une partie de cet argent glisse vers le poste restaurant, ce qui est exactement ce que Statistique Canada a mesuré.

Les prix en épicerie augmentent-ils encore en 2026?

Oui, mais moins vite qu’avant. Les prix des aliments achetés au magasin ont augmenté de 3,9 % sur un an en juin 2026, en décélération par rapport à 4,3 % en mai, pendant que l’Indice des prix à la consommation d’ensemble montait de 2,8 %. Comme l’écrit Statistique Canada dans sa publication de juin (s'ouvre dans un nouvel onglet), juin a été « le 17e mois consécutif au cours duquel la croissance des prix dans les épiceries a dépassé l’inflation globale ».

Le ralentissement des fruits frais (+1,7 %) explique l’essentiel de la décélération. À l’inverse, le poulet frais ou congelé (+5,7 %), le pain et les petits pains (+6,0 %) et les préparations alimentaires congelées (+2,7 %) ont freiné la baisse. Avec un peu de recul, la pression est plus claire : selon le Rapport annuel sur les prix alimentaires, les aliments coûtent 27 % de plus qu’il y a cinq ans. Des prix qui montent plus vite que la paie serrent le budget des deux côtés, et ils font la même chose à l’argent qui dort dans un compte d’épargne.

Voici ce que le Rapport annuel sur les prix alimentaires attend du reste de 2026.

CatégorieVariation prévue en 2026
Viande5 % à 7 %
Autres produits alimentaires4 % à 6 %
Restaurants4 % à 6 %
Légumes3 % à 5 %
Boulangerie2 % à 4 %
Produits laitiers et œufs2 % à 4 %
Fruits1 % à 3 %
Fruits de mer1 % à 2 %
Ensemble des aliments4 % à 6 %

La viande mène le bal, surtout à cause de l’offre de bœuf et de poulet. Les auteurs pointent les différends commerciaux avec les États-Unis, le dollar canadien, le marché du travail et les changements dans la transformation et le commerce de détail alimentaires comme les pressions derrière cette fourchette.

Où se trouve vraiment l’argent

La plupart des conseils sur l’épicerie commencent par les coupons et les circulaires. Les données mesurées pointent ailleurs en premier.

Le plus grand levier pour la plupart des ménages, c’est la répartition entre les deux postes alimentaires. Le restaurant représente 3 351 $ de plus, soit 28 % de tout ce que les ménages consacrent à l’alimentation. Ramener même une petite part de cette somme vers la cuisine change plus de choses qu’un tour de magasin très discipliné.

À l’intérieur du magasin, la plus grosse catégorie est celle que personne ne budgète. Boissons gazeuses, condiments, bonbons et grignotines totalisent 2 153 $, plus que la viande. Et l’endroit où vous vivez pèse plus lourd que n’importe quelle habitude : les ménages de Terre-Neuve-et-Labrador ont dépensé 10 892 $ en aliments achetés au magasin, bien au-dessus de la moyenne nationale. Si l’épicerie prend toute la place, notre guide pour faire un budget au Canada montre où la ligne devrait se situer.

Si l’argent est serré, il y a aussi des sommes à réclamer. L’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels (s'ouvre dans un nouvel onglet) a remplacé le crédit pour la TPS/TVH en juillet 2026 et est venue avec une hausse de 25 % qui court jusqu’en 2031. Produire sa déclaration de revenus constitue toute la demande. Notre guide sur comment épargner avec un faible revenu en fait le tour, avec les autres prestations que les gens laissent sur la table.

Transformer une facture d’épicerie allégée en billets

Réduire sa facture d’épicerie est franchement satisfaisant, jusqu’au moment où on constate que rien n’a visiblement changé. Les 40 $ que vous n’avez pas dépensés se fondent dans votre compte courant, et le mardi suivant, plus rien ne prouve que vous avez fait quoi que ce soit. C’est précisément ce qui fait décrocher les gens.

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Connaissez votre chiffre, puis faites-en quelque chose

Une moyenne nationale est la chose la moins utile ici. Ce qui compte, c’est que 8 659 $ décrit des ménages qui ne vous ressemblent pas aussi souvent qu’il décrit le vôtre, et que les 17 571 $ plus inquiétants n’ont jamais été une facture d’épicerie. Construisez votre propre plafond à partir du tableau par personne, comparez-le à ce que vous dépensez vraiment, et vous aurez un vrai chiffre au lieu d’une manchette.

Ensuite, donnez une destination à la différence. Téléchargez Lodavo gratuitement sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) ou le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet) et commencez à accumuler des billets pour le tirage hebdomadaire.

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Foire aux questions

Est-ce que 200 $ par semaine, c'est beaucoup pour l'épicerie?

Cela représente 10 400 $ par année, donc au-dessus de la moyenne nationale de 8 659 $. Mais cette moyenne inclut beaucoup de très petits ménages : les personnes vivant seules formaient 30,4 % de tous les ménages canadiens en 2023. Pour un couple, ou une famille avec des enfants à la maison, 200 $ par semaine n'a rien d'exceptionnel.

Ces moyennes incluent-elles les taxes, la livraison et les pourboires?

Les chiffres de Statistique Canada incluent les taxes de vente et couvrent les aliments achetés au magasin, que vous les rapportiez vous-même ou que vous les fassiez livrer. Le Rapport annuel sur les prix alimentaires est plus strict : ses estimations excluent les frais de livraison, les frais de commande en ligne ou de ramassage, et le coût des régimes alimentaires spécialisés.

L'épicerie coûte-t-elle plus cher dans certaines provinces?

Oui. Les ménages de Terre-Neuve-et-Labrador ont dépensé le plus en aliments achetés au magasin en 2023, soit 10 892 $, et y ont consacré la plus grande part de leurs dépenses totales, à 16,2 %. Le Manitoba et Terre-Neuve-et-Labrador ont aussi connu les hausses les plus fortes entre 2021 et 2023, à 21,8 % et 21,6 %.

Existe-t-il une aide gouvernementale pour l'épicerie?

L'Allocation canadienne pour l'épicerie et les besoins essentiels a remplacé le crédit pour la TPS/TVH en juillet 2026 et verse un montant non imposable quatre fois par année. Les maximums pour juillet 2026 à juin 2027 sont de 679 $ pour une personne seule, 890 $ avec un conjoint, et 234 $ par enfant de moins de 19 ans. Il suffit de produire sa déclaration de revenus.

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