Système bancaire ouvert au Canada : ce que ça change (2026)
Environ neuf millions de Canadiens partagent leurs données financières en confiant leur nom d’utilisateur et leur mot de passe bancaires à un service tiers, pour qu’il se connecte et lise leurs comptes. Le gouvernement fédéral appelle ça la capture de données d’écran, et il veut que la pratique disparaisse. Le remplacement s’appelle le système bancaire ouvert, que le Canada désigne officiellement par les services bancaires axés sur les consommateurs : un cadre légal qui vous permet de partager des données bancaires précises avec l’appli de votre choix, pour une durée définie, sans jamais céder vos identifiants. La loi a été adoptée en mars 2026 et le projet de règlement est paru le 27 juin 2026. Le système n’est pas encore en service.
Voici donc où en est vraiment le cadre, ce qu’il change pour vous, et comment juger une connexion bancaire aujourd’hui, pendant que l’ancienne méthode est encore celle qui fonctionne.
Qu’est-ce que le système bancaire ouvert?
Le système bancaire ouvert vous permet de partager vos données bancaires avec l’appli de votre choix, de façon sécuritaire et à vos conditions, sans céder votre mot de passe. La version canadienne s’appelle les services bancaires axés sur les consommateurs. Votre banque transmet les données directement à l’appli par une connexion encadrée, et vous pouvez couper cette connexion quand vous voulez.
Le choix du nom n’a rien de cosmétique. Ottawa a retenu « axés sur les consommateurs » pour rappeler qui décide : les données vous appartiennent, pas à la banque qui les détient, et rien ne circule sans votre demande.
Pour l’instant, la tuyauterie est informelle. Quand vous reliez un compte à une appli de budget, à un prêteur ou à une appli d’épargne, un service de connexion s’en occupe en arrière-plan. Une méthode répandue de longue date est la capture de données d’écran : vous remettez à ce service votre nom d’utilisateur et votre mot de passe bancaires, il se connecte à votre place et il lit ce qui s’affiche à l’écran. Une appli bien conçue ne voit jamais vos identifiants elle-même, mais la pratique met tout de même votre mot de passe entre les mains de quelqu’un. Le ministère des Finances ne mâche pas ses mots dans le projet de règlement (s'ouvre dans un nouvel onglet) : cette pratique « n’est pas réglementée et n’est pas sûre sur le plan technologique », et elle laisse les gens « sans recours si les choses tournent mal ».
Le système bancaire ouvert remplace tout ça par une interface de programmation (une API) : un canal direct et autorisé entre votre banque et l’appli. Votre banque confirme elle-même que c’est bien vous, de sorte que personne n’a besoin de votre mot de passe bancaire.
Le système bancaire ouvert est-il en service au Canada?
Non. La loi est en place et le règlement est rédigé, mais le système ne fonctionne pas encore. La Loi sur les services bancaires axés sur les consommateurs a reçu la sanction royale en mars 2026, et le projet de règlement a été publié dans la Gazette du Canada le 27 juin 2026 pour une période de commentaires de 60 jours. La Banque du Canada, qui surveillera le cadre, n’a fixé aucune date de lancement.
| Quand | Ce qui s’est passé |
|---|---|
| Juin 2024 | Une première Loi sur les services bancaires axés sur les consommateurs établit la portée et les normes techniques |
| Mars 2026 | Le projet de loi C-15 complète le cadre légal et confie la surveillance à la Banque du Canada |
| 27 juin 2026 | Publication du projet de règlement, avec une période de commentaires de 60 jours qui se termine fin août 2026 |
| Ensuite | Le règlement final, puis un démarrage progressif qui commence par l’accréditation des fournisseurs |
| Non fixée | Une date de lancement public |
Le gouvernement (s'ouvre dans un nouvel onglet) précise que le déploiement sera échelonné, à commencer par l’accréditation des fournisseurs, et que les règles communes et les cotisations suivront dans l’année suivant la publication du règlement final. Voyez le retard comme un retard, pas comme une annulation. La loi est adoptée, l’organisme de surveillance est nommé, les fonds sont prévus. Ce qui manque, c’est une date.
Qu’est-ce qui change concrètement pour vous?
Quatre choses. Vous cessez de partager votre mot de passe, vous choisissez exactement ce qu’une appli peut consulter, vous pouvez retirer cet accès en tout temps sans frais, et il y a enfin quelqu’un à qui se plaindre. L’accès expire aussi de lui-même, puisqu’une appli doit vous demander de le renouveler au moins tous les 12 mois.
| Partage de mot de passe (capture d’écran) | Système bancaire ouvert | |
|---|---|---|
| Vos identifiants | Remis à un service de connexion pour qu’il se connecte à votre place | Jamais partagés. Votre banque vous authentifie elle-même |
| Ce qui est partagé | Tout ce que le service peut lire une fois connecté | Seulement les données que vous approuvez, dans les comptes que vous choisissez |
| Pour tout couper | Selon la politique de chaque service | Retirer votre consentement en tout temps, sans frais, et ça doit être respecté |
| Durée | Aucune limite | Consentement renouvelé au moins tous les 12 mois |
| Si ça tourne mal | Aucun organisme de plaintes dédié au partage de données | La responsabilité suit les données, avec un organisme externe de traitement des plaintes |
| Surveillance | Aucun régulateur du partage de données pour l’instant | La Banque du Canada, avec un registre public des fournisseurs approuvés |
Ce registre compte plus qu’il n’en a l’air. Une fois le cadre en service, vous pourrez vérifier si l’appli qui demande vos données est réellement accréditée, un peu comme vous pouvez vérifier aujourd’hui si une banque est membre de la SADC.
Quelles banques doivent participer?
Les plus grandes banques du pays, et elles seules au départ. Le projet de règlement impose la participation des grandes banques qui dépassent un seuil de volume de détail. Tous les autres, y compris les caisses populaires, les banques à charte fédérale plus petites et les fournisseurs de services de paiement inscrits, peuvent adhérer volontairement une fois les exigences d’accréditation remplies.
Ce démarrage restreint est un choix délibéré, et il a une conséquence bien réelle : le premier jour, le cadre rejoindra moins d’institutions que les connexions actuelles n’en rejoignent déjà. Si vous êtes à une caisse ou dans l’une des banques en ligne, votre institution se joindra probablement à une vague ultérieure plutôt qu’au lancement.
Que peut réellement voir une appli?
Un accès en lecture, et rien de plus. La première phase couvre la consultation et la transmission : vos renseignements de profil, vos soldes et vos transactions, ainsi que l’information sur les produits, dans les comptes de dépôt, de paiement, de placement et de prêt. Une appli peut regarder. Elle ne peut pas déplacer un dollar.
L’initiation de paiement, soit le pouvoir de sortir réellement de l’argent de votre compte, appartient à une phase ultérieure et ne fait pas partie de ce qui se déploie maintenant. Les données que votre banque a nettement enrichies à ses propres fins commerciales, que le règlement appelle les données dérivées, sont exclues du cadre, alors l’évaluation interne qu’elle fait de vous ne voyage pas avec vos transactions.
Un accès en lecture peut sembler modeste, et il couvre pourtant presque tout ce dont une appli de finances personnelles a besoin. Le budget, le suivi de l’épargne, la vérification du revenu, l’agrégation de comptes : tout ça se fait en lecture seule.
Est-ce prudent de connecter sa banque à une appli en ce moment?
Ça peut l’être, mais le cadre n’est pas encore là pour vous protéger, alors le jugement vous revient. La question qui compte le plus est ce que l’appli peut faire avec la connexion, pas seulement qui la demande. La permission de consulter votre solde est une bien plus petite chose à accorder que la capacité de déplacer de l’argent. Et bien des applis fonctionnent déjà de la façon plus sûre que le système bancaire ouvert vise à généraliser : un accès en lecture seule, par un service spécialisé, où l’appli que vous avez choisie ne voit jamais vos identifiants.
Quatre choses à vérifier avant de connecter un compte :
- L’appli elle-même voit-elle vos identifiants bancaires? Une bonne connexion passe par un fournisseur spécialisé, donc vos identifiants vont à ce fournisseur et jamais à l’entreprise chez qui vous vous inscrivez.
- L’accès est-il en lecture seule? Une appli qui ne fait que lire des soldes ne peut ni retirer, ni vous facturer, ni envoyer d’argent où que ce soit. Si un site refuse de vous dire clairement quel type d’accès il demande, ce silence est déjà une réponse.
- Pouvez-vous vous déconnecter? Vous devriez pouvoir couper l’accès depuis l’appli, et depuis le site de votre banque.
- Y a-t-il une vraie entreprise derrière? Une équipe identifiée, une adresse canadienne, et une politique de confidentialité qui dit ce qui est recueilli et pourquoi.
Où Lodavo entre en jeu
Lodavo est une appli d’épargne qui récompense votre épargne, alors elle n’a jamais eu besoin que d’une chose de votre banque : la permission de lire un solde. La lecture seule est tout ce qu’elle demande, et tout ce qu’elle a.
Vous reliez la banque que vous utilisez déjà, par Plaid (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet), un service spécialisé de connexion bancaire. Lodavo ne demande jamais vos identifiants bancaires et ne les conserve jamais, et vous pouvez couper la connexion quand vous voulez, directement dans l’appli. À partir de là, plus vous mettez de côté, plus vous obtenez de billets gratuits au tirage hebdomadaire, et vous pourriez gagner jusqu’à 10 000 $. Si vous voulez la version longue de la question de la confiance, nous avons écrit un article sur la fiabilité et la légitimité de Lodavo.
Le système bancaire ouvert ne changera pas ce que fait Lodavo. Il rendra encadrée la connexion qui la soutient : un fournisseur accrédité, un consentement que vous pouvez retirer quand vous voulez, et la Banque du Canada qui surveille le tout. Pour une appli qui n’a jamais voulu que lire un solde, c’est une bonne nouvelle.
En résumé
Le système bancaire ouvert est l’une des rares pièces de tuyauterie financière qui joue vraiment dans votre camp. Il ne changera pas votre solde, et vous ne remarquerez probablement pas le jour où il arrivera. Ce qu’il fait, c’est prendre une connexion dont des millions de Canadiens dépendent déjà et mettre derrière elle des règles, une responsabilité et un interrupteur. D’ici là, la connexion la plus sûre reste la plus petite : une appli qui lit seulement ce dont elle a besoin, et rien d’autre.
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Des conditions s’appliquent. Aucun achat requis (un mode de participation alternatif est offert). Question d’habileté obligatoire. Ouvert aux résidents légaux du Canada ayant atteint l’âge de la majorité. Les chances de gagner dépendent du nombre de participations admissibles reçues. Règlement complet et chances de gagner dans nos règles du concours.