Vieilles obligations d'épargne du Canada : ce qu'elles valent

Quelqu’un en trouve une dans un classeur, une boîte à chaussures ou les papiers laissés par un parent : un certificat rigide, un peu jauni, avec un montant imprimé dessus et une date vieille de plusieurs décennies. La réponse courte, c’est que ça reste de l’argent. Toutes les Obligations d’épargne du Canada et les Obligations à prime du Canada s’encaissent dans n’importe quelle banque canadienne, à leur pleine valeur, et la Banque du Canada portait encore 386,9 millions de dollars en obligations non encaissées et en régimes d’épargne au détail à la fin de 2025. La réponse longue, c’est combien vaut la vôtre, et ça dépend presque entièrement de son année d’émission.
Combien vaut une vieille obligation d’épargne du Canada aujourd’hui?
Ça dépend laquelle des deux sortes vous avez en main. Une obligation à intérêt régulier (obligation R) vous verse sa valeur nominale et rien de plus, parce que les intérêts étaient envoyés chaque année jusqu’à l’échéance. Une obligation à intérêt composé (obligation C) verse sa valeur nominale plus chaque année d’intérêt accumulé, d’un coup, au moment de l’encaissement. Le certificat indique de laquelle il s’agit.
Ce qu’une obligation de 100 $ à intérêt composé est devenue
C’est du côté des obligations composées que l’argent se trouve, et l’époque compte bien plus que la durée de détention. D’après les tableaux des taux historiques de la Banque du Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet) pour les émissions échues :
| Émise | Échue en | Taux annuels obtenus | Une obligation de 100 $ vaut environ |
|---|---|---|---|
| Nov. 1977 (émission 32) | 1986 | 7,00 % à 19,50 % | 270 $ |
| Nov. 1981 (émission 36) | 1988 | 10,50 % à 19,50 % | 222 $ |
| Nov. 1987 (émission 42) | 1997 | 5,13 % à 10,91 % | 216 $ |
| Nov. 1996 (émission 51) | 2018 | 0,40 % à 8,75 % | 207 $ |
| Nov. 1999 (émission 60) | 2019 | 0,40 % à 4,85 % | 138 $ |
| Nov. 2011 (émission 128) | 2021 | 0,50 % | 105 $ |
Lisez la première et la dernière ligne ensemble. L’obligation de 1977 a couru neuf ans et a presque triplé. Celle de 2011 a couru dix ans, une année de plus, et a gagné cinq dollars. Les obligations d’épargne ont versé 19,50 % en 1981 et 0,50 % en 2011, et cet écart résume à lui seul ce que vaut un vieux certificat.
Ce sont des approximations serrées. Le tableau publié arrondit à deux décimales et la Banque du Canada calcule les intérêts réels avec des taux à sept, alors votre montant réel sera proche de ceux-ci sans tomber pile dessus. L’outil ci-dessous donne le chiffre exact.
Obtenir le montant exact en une trentaine de secondes
Entrez votre numéro de certificat dans la recherche d’état des obligations (s'ouvre dans un nouvel onglet) de la Banque du Canada. L’outil couvre les Obligations d’épargne du Canada des émissions 32 à 129 et les Obligations à prime du Canada des émissions 1 à 89, et quand l’obligation peut être encaissée, il affiche directement la valeur de remboursement. Aucun compte à créer, et c’est gratuit.
Un piège fréquent : c’est un outil différent de la recherche de soldes non réclamés du même site, celle où vous entrez votre nom de famille. Les obligations ne sont pas dans cette base. Y chercher votre nom sans rien trouver ne dit rien sur le fait que vous déteniez une obligation ou non.
Comment encaisser une vieille obligation d’épargne du Canada?
Apportez le certificat papier à la banque ou à la caisse où vous faites déjà affaire et remettez-le à un caissier. On demandera à chaque propriétaire inscrit de signer au verso, et on vous paiera comptant ou directement dans votre compte. Le certificat est le seul document à fournir.
Le certificat et le nom inscrit dessus décident si vous ressortez avec l’argent :
Il vous faut le certificat physique. C’est le papier lui-même que la banque encaisse. S’il a disparu, c’est une autre démarche, décrite plus bas.
Le propriétaire inscrit doit être présent. Le nom imprimé sur le certificat désigne la seule personne qui a droit aux fonds, et sur une obligation en copropriété, les deux propriétaires doivent signer. C’est le détail qui surprend les familles. Un grand-parent qui a acheté une obligation de 500 $ pour un petit-enfant en 1998 a inscrit le nom du petit-enfant, et seul ce dernier peut l’encaisser, peu importe qui a payé. Si le propriétaire est encore mineur, le parent ou le tuteur qui en a la garde légale signe à sa place.
Devez-vous de l’impôt en l’encaissant?
Presque certainement pas au moment de l’encaissement, et c’est la seule question que les pages de remboursement de la Banque du Canada laissent de côté. L’intérêt d’une obligation composée était imposable dans les années où il s’accumulait, pas dans l’année où vous l’encaissez enfin. Encaisser une obligation aujourd’hui vous remet donc de l’argent déjà déclaré, année après année, dans vos déclarations.
Le mécanisme, c’est la règle du jour anniversaire. Pour une obligation achetée en 1990 ou après, la règle de l’ARC veut que vous déclariez les intérêts gagnés pendant chaque année de placement complète (s'ouvre dans un nouvel onglet), même sans feuillet T5. Les obligations achetées avant 1990 suivaient une règle plus ancienne, et toutes les émissions de cette époque sont échues depuis des décennies. Dans les deux cas, les intérêts ont cessé sur les dernières obligations en décembre 2021, alors l’encaissement verse aujourd’hui un capital et des intérêts déjà passés par le régime fiscal.
Le risque va dans l’autre sens. Si une obligation a composé pendant vingt ans et que ces intérêts n’ont jamais été déclarés, l’impôt était dû ces années-là, et l’encaisser ne le crée ni ne l’efface. Ça vaut une conversation avec un comptable ou avec l’ARC avant de dépenser l’argent, surtout pour une grosse obligation ou une obligation reçue par succession. Il s’agit d’information générale et non de conseils fiscaux, et les montants dépendent de vos propres déclarations.
Et si vous ne trouvez pas le certificat?
Vous pouvez quand même être payé, mais ça prend environ trois mois et ça coûte quelque chose. La Banque du Canada gère un processus pour les obligations perdues, valable pour les Obligations d’épargne du Canada de l’émission 32 et plus et les Obligations à prime du Canada émises en 1977 ou après. Rien de plus ancien n’est admissible, et c’est la limite ferme sur un très vieux certificat disparu.
Voici comment ça se passe. Vous postez un formulaire de demande relative à une obligation perdue au Bureau des biens non réclamés à Ottawa, on vous renvoie un cautionnement d’indemnité, vous le signez devant un témoin, et vous payez des frais de cautionnement à HUB International par chèque. Sous 3 500 $, le témoin peut être n’importe quelle personne majeure; au-dessus, il vous faut un notaire ou un commissaire à l’assermentation.
| Valeur des certificats | Frais de cautionnement |
|---|---|
| 100,00 $ à 1 000,00 $ | 30,00 $ |
| 1 000,01 $ à 3 500,00 $ | 70,00 $ |
| 3 500,01 $ à 250 000,00 $ | 3 % du total |
Les résidents du Manitoba ajoutent 7 % de taxe de vente au détail et ceux de la Saskatchewan 6 %. Les frais ne peuvent pas être retenus sur votre remboursement, alors vous les payez d’avance, et la Banque du Canada demande de compter 8 à 10 semaines après réception des documents et du paiement par HUB avant l’envoi du chèque. Toutes les étapes sont sur la page des obligations perdues (s'ouvre dans un nouvel onglet) de la Banque du Canada.
Une Obligation à prime du Canada, est-ce la même chose qu’une Premium Bond britannique?
Non, et le nom commun en induit plusieurs en erreur. Les Premium Bonds britanniques ne versent aucun intérêt et vous inscrivent plutôt à un tirage mensuel, avec un prix maximal de 1 million de livres. Les Obligations à prime du Canada n’ont jamais eu de tirage, de prix ni de gros lot. C’était une obligation d’épargne ordinaire qui versait un taux fixe un peu plus élevé qu’une Obligation d’épargne du Canada, en échange d’un encaissement anticipé plus difficile.
Les Obligations à prime du Canada ont d’abord été émises en 1997 et vendues jusqu’en 2017, et elles sont arrivées à échéance au même rythme que le reste du programme. Si vous en détenez une, traitez-la exactement comme une Obligation d’épargne du Canada : même outil, même comptoir, mêmes deux types d’intérêt. Si c’est plutôt l’idée du tirage qui vous a amené ici, la comparaison Premium Bonds et Save to Win explique comment ces programmes fonctionnent et ce qui existe au Canada.
Ce que ça coûte de la laisser dans le tiroir
Une obligation échue est un des rares cas où ne rien faire a un prix mesurable. L’obligation a cessé de payer en décembre 2021 et le montant qu’elle vaut n’a pas bougé depuis. Les prix à la consommation au Canada ont monté d’environ 18 % pendant la même période, l’IPC passant de 144,0 en décembre 2021 à 169,8 en août 2026, selon Statistique Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet). Donc 100 $ d’obligation échue achètent aujourd’hui à peu près 85 $ de ce qu’ils achetaient le mois où les intérêts ont cessé.
C’est l’argument en faveur d’un samedi matin à la banque, et bien des Canadiens ont fait le trajet. La dette au détail en circulation est passée de 2,6 milliards de dollars en mars 2018 à 386,9 millions à la fin de 2025, et 26,7 millions ont été encaissés en 2025 seulement.
Un meilleur endroit où laisser l’argent
Une fois le chèque encaissé, vous avez en main quelques centaines de dollars qui ne faisaient rien depuis des années, et le réflexe logique est un compte d’épargne à intérêt élevé, où l’argent recommence à rapporter un vrai taux.
Lodavo vaut la peine d’être connue pour la suite, parce que le plus dur avec une petite rentrée d’argent, c’est de ne pas y toucher. C’est une application gratuite créée par une équipe montréalaise, et elle récompense votre épargne. Chaque tranche de 25 $ qui dort dans votre compte vous donne un billet, le tirage a lieu chaque semaine avec des prix allant jusqu’à 10 000 $, et un prix garanti d’au moins 100 $ va à un utilisateur toutes les semaines. Votre argent reste dans le compte d’épargne que vous avez déjà, au taux que votre banque verse, alors le tirage s’ajoute aux intérêts au lieu de les remplacer. C’est plus proche dans l’esprit des Premium Bonds britanniques que tout ce que le Canada a réellement vendu.
Encaissez-la, puis gardez l’argent en mouvement
Un vieux certificat dans un tiroir, c’est de l’argent réel qui a cessé de croître en 2021. Vérifiez sa valeur, signez-le au comptoir, et donnez une destination au montant. Lodavo est gratuite sur l’App Store d’Apple (s'ouvre dans un nouvel onglet) et le Google Play Store (s'ouvre dans un nouvel onglet). Connectez le compte où l’argent atterrit, et votre épargne se met à accumuler des billets pour le prochain tirage.
Des conditions s’appliquent. Aucun achat requis (méthode alternative de participation disponible). Question d’habileté requise. Ouvert aux résidents légaux du Canada ayant atteint l’âge de la majorité. Les chances dépendent du nombre de participations admissibles reçues. Règles complètes et chances sur notre page règles du concours.