REER, CELI ou CELIAPP : lequel remplir en premier?
La plupart des gens ne comparent pas le REER, le CELI et le CELIAPP. Ils en choisissent un et s’arrêtent là. En 2023, 5,0 millions de déclarants canadiens ont cotisé à un CELI et rien à un REER, tandis que 3,8 millions ont fait l’inverse, selon Statistique Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet). Choisir un seul compte n’est pas une erreur, mais la vraie réponse à « REER, CELI ou CELIAPP » est un ordre plutôt qu’un gagnant : la cotisation équivalente de l’employeur, les dettes à taux élevé, un petit coussin en argent, puis un CELIAPP si une première propriété est ne serait-ce que possible, puis un CELI, puis un REER. Voici les chiffres de 2026, le calcul d’une seule cotisation de 8 000 $ suivi jusqu’au retrait, et ce qui change quand on habite au Québec.
Quel compte faut-il remplir en premier?
L’ordre suit la taille du rendement garanti à chaque étape, et c’est pourquoi les deux premiers échelons ne sont même pas des choix de compte. Descendez cette liste et arrêtez-vous là où vous manquez d’argent à épargner.
- Toute cotisation équivalente de l’employeur. Si votre employeur ajoute 50 cents par dollar que vous versez, c’est un rendement de 50 % avant même que l’argent soit investi. Rien de plus bas dans cette liste n’approche cela.
- Les dettes à taux élevé. Un solde de carte de crédit à 20 % vous coûte chaque mois plus que ce que rapporte n’importe quel compte d’épargne. Réglez cela d’abord.
- Un petit coussin en argent. Un mois de dépenses essentielles, quelque part où vous pouvez y accéder. Sans lui, la première dépense imprévue défait tout ce qui précède. Notre guide pour se constituer un fonds d’urgence au Canada explique combien et où le garder.
- Le CELIAPP, si une première propriété est ne serait-ce que possible. C’est le seul des trois que vous déduisez à l’entrée et que vous retirez libre d’impôt à la sortie. Et si vous n’achetez jamais, il se transfère dans votre REER.
- Le CELI. Pas de déduction, mais aucun impôt au retrait, les droits reviennent, et sortir de l’argent n’a pas d’effet sur les prestations calculées selon le revenu.
- Le REER. Le meilleur choix dès que votre revenu est assez élevé pour qu’une déduction aujourd’hui vaille plus que la souplesse à laquelle vous renoncez.
Si votre revenu est faible, laissez le REER de côté pour l’instant
Une déduction ne vaut que votre taux marginal d’imposition : à 35 000 $ de revenu, elle rapporte bien moins qu’à 95 000 $. Pire, les retraits d’un REER ou d’un FERR comptent comme un revenu plus tard, ce qui peut réduire les prestations calculées selon le revenu, alors que les retraits d’un CELI ne le font jamais. Notre guide pour épargner avec un faible revenu au Canada passe en revue les prestations touchées. Mettez l’argent dans un CELI et gardez vos droits REER. Ils n’expirent pas.
REER, CELI et CELIAPP : les chiffres de 2026
Chaque montant ci-dessous est celui de l’année d’imposition 2026, selon l’ARC. Les droits de cotisation sont la partie que les gens comprennent le plus souvent de travers, parce que deux des trois comptes reportent les droits inutilisés et que le troisième ne fonctionne pas comme la plupart des gens le supposent.
| REER | CELI | CELIAPP | |
|---|---|---|---|
| Droits pour 2026 | 18 % du revenu gagné de 2025, jusqu’à 33 810 $ | 7 000 $ | 8 000 $/an, 40 000 $ à vie |
| Droits cumulés si vous n’avez rien utilisé | Tous les droits inutilisés depuis 1991 | 109 000 $ depuis 2009 | Débutent l’année de l’ouverture |
| Déduction à l’entrée | Oui | Non | Oui |
| Impôt à la sortie | Imposé comme un revenu | Aucun | Aucun, pour une première propriété |
| Droits après un retrait | Perdus définitivement | De retour le 1er janvier | Perdus définitivement |
| Période pour l’année 2026 | Jusqu’au 1er mars 2027 | En tout temps, les droits n’expirent pas | Du 1er janvier au 31 décembre 2026 |
| Date limite absolue | 31 décembre de l’année de vos 71 ans | Aucune | 15 ans, ou 71 ans |
Sources : les plafonds des régimes enregistrés (s'ouvre dans un nouvel onglet) de l’ARC et ses dates importantes pour les REER et les CELIAPP (s'ouvre dans un nouvel onglet). Un chiffre qu’il vaut la peine de connaître d’avance : l’ARC a déjà publié le plafond REER de 2027, soit 35 390 $, en hausse par rapport aux 33 810 $ de cette année.
Que fait vraiment une seule cotisation de 8 000 $?
Prenons une personne en Ontario avec 70 000 $ de revenu imposable en 2026 et 8 000 $ à mettre de côté. (C’est plus que les droits CELI d’une seule année, alors supposons un peu de report, ce que la plupart des gens ont.) Son taux marginal est de 29,65 % : 20,5 % au fédéral plus 9,15 % au provincial, selon les tranches actuelles de l’ARC (s'ouvre dans un nouvel onglet). La surtaxe ontarienne s’applique à des revenus plus élevés, pas à celui-là. Disons que l’argent croît de 4 % pendant cinq ans et atteint 9 733 $.
Le CELI : rien maintenant, rien plus tard
Aucune déduction, donc aucun remboursement au printemps. Cinq ans plus tard, elle retire 9 733 $ et garde tout. Aucun feuillet, aucune retenue, et la totalité des 9 733 $ revient en droits de cotisation le 1er janvier suivant, pas seulement les 8 000 $ versés. La croissance libre d’impôt augmente vos droits CELI pour de bon, et les deux autres comptes n’ont pas d’équivalent.
Le CELIAPP : une déduction maintenant et aucun impôt plus tard
Les mêmes 8 000 $ donnent un remboursement de 2 372 $, et si le retrait sert à l’achat d’une première propriété admissible, il sort libre d’impôt. C’est la déduction d’un REER et le traitement fiscal d’un CELI dans un seul compte, et c’est toute la raison pour laquelle il devance les deux autres dans l’ordre.
Le REER : un plus gros chèque maintenant, une facture d’impôt plus tard
Même remboursement de 2 372 $, mais les 9 733 $ sont imposables à la sortie. Au même taux de 29,65 %, l’impôt s’élève à 2 886 $. Ce que la plupart des comparaisons omettent, c’est que le remboursement fait partie de la cotisation : investissez-le, et le REER arrive exactement au même point que le CELI.
| CELI | REER | CELIAPP | |
|---|---|---|---|
| Remboursement sur les 8 000 $ | 0 $ | 2 372 $ | 2 372 $ |
| Valeur après 5 ans à 4 % | 9 733 $ | 9 733 $ | 9 733 $ |
| Impôt pour le retirer | 0 $ | 2 886 $ | 0 $ |
| Total entre vos mains | 9 733 $ | 9 733 $ | 12 619 $ |
La colonne du REER suppose que le remboursement est investi lui aussi, au même taux, et que le retrait se fait au même 29,65 %. Les deux hypothèses comptent. Prenez plutôt votre retraite dans la tranche la plus basse de l’Ontario, à 19,05 %, et le total du REER monte à 10 765 $. Dépensez le remboursement ailleurs, ce qui arrive le plus souvent, et il tombe à 6 847 $. Le REER égale donc un CELI quand votre taux d’imposition et votre discipline restent les mêmes, le bat quand votre taux baisse, et perd quand votre taux monte. Vous pouvez faire vos propres calculs avec notre calculateur d’intérêts composés.
La réponse change-t-elle au Québec?
Oui, et à l’avantage du Québec. Les résidents du Québec versent leur impôt provincial à Revenu Québec, et leur impôt fédéral est réduit par l’abattement du Québec, que le ministère des Finances décrit comme une réduction de 16,5 points de pourcentage de l’impôt fédéral sur le revenu des particuliers (s'ouvre dans un nouvel onglet) pour tous les déclarants québécois. La moitié fédérale d’un taux marginal québécois vaut donc 83,5 % du taux affiché, et la moitié provinciale est plus élevée que dans la plupart des provinces. Les deux effets vont dans le même sens : une déduction vaut plus cher ici.
À 70 000 $ de revenu imposable en 2026, le taux marginal combiné d’un Québécois est de 36,12 % : 20,5 % au fédéral après l’abattement, plus le taux provincial de 19 % publié par Revenu Québec (s'ouvre dans un nouvel onglet). Dans les quatre plus grandes provinces, au même revenu, voici ce que vaut la même déduction de 8 000 $, qu’elle aille dans un REER ou dans un CELIAPP.
| Province | Taux marginal combiné | Remboursement sur 8 000 $ |
|---|---|---|
| Québec | 36,12 % | 2 890 $ |
| Alberta | 30,50 % | 2 440 $ |
| Ontario | 29,65 % | 2 372 $ |
| Colombie-Britannique | 28,20 % | 2 256 $ |
Même cotisation, même revenu, 634 $ d’écart entre la première et la dernière ligne. Un Québécois a donc une meilleure raison que la plupart des Canadiens de réclamer la déduction au lieu de choisir le CELI par défaut, et pour celui qui achète une première propriété, le CELIAPP donne les deux moitiés de l’avantage à ce taux plus élevé. (La Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard imposent un peu plus que le Québec à ce revenu; le Québec n’est donc pas tout en haut de la liste nationale. Il devance nettement les quatre provinces où vit la majorité des Canadiens.)
Quand le REER est-il le bon premier choix?
Trois situations placent le REER en tête de file, et une chose à surveiller avant d’y mettre de l’argent.
Quand votre employeur verse une cotisation équivalente
Un REER collectif avec cotisation de l’employeur donne à peu près le meilleur rendement garanti qu’un épargnant canadien puisse obtenir, et ce genre d’avantage n’existe généralement que du côté du REER. Cotisez au moins assez pour toucher la cotisation complète, même avec des dettes, même si un CELI vous conviendrait mieux autrement.
Quand votre revenu est élevé maintenant et sera plus bas plus tard
La déduction vaut votre taux marginal actuel; le retrait vous coûte celui du futur. Si vous gagnez 150 000 $ aujourd’hui et prévoyez un revenu de retraite modeste, l’écart entre ces deux taux est tout l’avantage du REER, et c’est de l’argent réel. Les Canadiens se répartissent déjà à peu près ainsi : en 2023, 54,0 % des cotisants à un REER avaient un revenu total de 80 000 $ ou plus, alors que la moitié des cotisants à un CELI gagnaient moins de 60 000 $.
Quand vous pouvez verser la cotisation et garder la déduction
Une manœuvre sous-utilisée : vous n’êtes pas obligé de réclamer une déduction REER l’année où vous cotisez. Versez l’argent pendant une année maigre, reportez la déduction, et réclamez-la une année où votre revenu et votre taux marginal seront plus élevés. Le CELIAPP fonctionne de la même façon (s'ouvre dans un nouvel onglet) : les cotisations sont déductibles l’année où vous les faites ou une année future. Un étudiant qui cotise avant son premier vrai salaire est le cas classique.
Une mise en garde avant de garnir un REER : ce n’est pas le compte pour l’argent dont vous pourriez avoir besoin. Votre institution retient l’impôt dès le retrait, soit 10 % jusqu’à 5 000 $, 20 % jusqu’à 15 000 $ et 30 % au-delà (s'ouvre dans un nouvel onglet) (5 %, 10 % et 15 % au Québec, plus la retenue provinciale), le retrait s’ajoute à votre revenu de l’année, et les droits de cotisation sont perdus pour de bon. Le CELI, c’est le compte souple.
Trois dates limites qui coûtent cher
Les calendriers diffèrent pour les trois comptes, et c’est là que se produisent les erreurs évitables.
- Le CELIAPP n’a pas de délai de grâce de 60 jours. L’ARC est claire : la période de cotisation à un CELIAPP va du 1er janvier au 31 décembre de la même année (s'ouvre dans un nouvel onglet). Manquez le 31 décembre, et les 8 000 $ de cette année ne peuvent plus être réclamés pour cette année.
- Le REER, lui, en a un. Les cotisations des 60 premiers jours de l’année suivante comptent encore pour l’année d’imposition précédente, alors la date limite pour 2026 est le 1er mars 2027. C’est celle que tout le monde connaît, et c’est exactement pourquoi les gens supposent que le CELIAPP fonctionne pareil.
- Un retrait de CELI ne se remplace pas avant janvier. Les droits reviennent le 1er janvier de l’année civile suivante (s'ouvre dans un nouvel onglet), pas tout de suite. Recotiser dans la même année est la pénalité de CELI la plus courante, à 1 % par mois sur l’excédent.
Et si vous ne pouvez maximiser aucun des trois?
Alors vous faites partie de la majorité, et l’ordre reste utile : il vous dit où vont les 50 prochains dollars. La cotisation médiane des Canadiens qui ont versé de l’argent dans un REER et rien d’autre était de 3 420 $ en 2023, pas le maximum annuel. Du côté du CELIAPP, 739 000 personnes avaient ouvert un compte à la fin de cette année-là, et le titulaire actif moyen y avait 3 899 $ (s'ouvre dans un nouvel onglet), pour un plafond à vie de 40 000 $.
Ouvrez le CELIAPP avant de pouvoir le garnir
C’est le seul délai qui coûte vraiment quelque chose. Les droits de CELIAPP ne s’accumulent pas avant l’ouverture d’un compte, et la définition de l’ARC fixe votre report à 0 $ l’année où vous ouvrez votre premier CELIAPP. Attendez trois ans pour en ouvrir un et vous n’obtenez pas 24 000 $ de droits, vous en obtenez 8 000 $. La plupart des institutions ouvrent un CELIAPP vide sans frais, alors si une première propriété est ne serait-ce qu’une possibilité, ouvrez-le maintenant et garnissez-le plus tard. Après cette première année, jusqu’à 8 000 $ de droits inutilisés se reportent, alors une année à 25 $ par semaine n’est pas une année perdue.
Comment Lodavo s’inscrit là-dedans
Choisir entre un REER, un CELI et un CELIAPP, c’est la moitié facile. La moitié difficile, c’est d’avoir quelque chose à y mettre, et c’est là que la plupart des plans s’effondrent, parce qu’un remboursement d’impôt en avril est bien loin d’un mardi de novembre.
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Si vous ne faites qu’une chose aujourd’hui
Prenez la cotisation de l’employeur, réglez les dettes coûteuses, gardez un mois de dépenses en argent, puis le CELIAPP si une première propriété est dans le décor, puis le CELI, puis le REER. Presque toutes les questions du type « quel compte » se règlent quelque part sur cette liste. Mais avec un seul des trois, vous perdez des droits en attendant : le CELIAPP. L’ouvrir ne coûte rien, et ses droits ne commencent à s’accumuler qu’une fois le compte ouvert.
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