Comment savoir si une appli financière est fiable au Canada
Vous pouvez savoir si une appli financière canadienne est fiable en cinq minutes environ, et sans lire un seul avis. Cinq choses tranchent la question, et les cinq réponses ont déjà été publiées par l’entreprise ou déposées dans un registre public : qui détient vraiment vos dépôts, si la SADC ou le FCPI ou ni l’un ni l’autre s’applique, si l’entreprise figure là où la loi l’exige, ce que la connexion bancaire a le droit de faire, et ce qui arrive à votre solde si l’entreprise coule.
C’est la dernière que presque personne ne fait. C’est aussi celle qui a réellement coûté de l’argent à des gens.
Vérification 1 : qui détient vraiment votre argent?
Trouvez le nom de l’institution qui détient votre solde, et vérifiez si c’est l’appli elle-même. Une entreprise qui n’est pas une banque ne peut pas détenir de dépôts, alors elle s’associe à une qui le peut. C’est ce nom-là que suit l’assurance-dépôts, et toute la vérification 2 dépend de ce nom.
Où le nom est écrit
Trois endroits, dans cet ordre : la page sur la sécurité, le contrat de compte accepté à l’inscription, et le centre d’aide. KOHO nomme Peoples Trust Company sur sa page de sécurité. Neo inscrit Peoples Bank of Canada directement dans le contrat du compte Everyday. Les entreprises franches avec vous rendent ça faisable en trente secondes. Une entreprise qui refuse de nommer l’institution a répondu à la question d’une autre façon.
Trois structures différentes
Une fois le nom trouvé, la deuxième moitié de la question est de savoir à quel nom le compte est ouvert chez cette institution.
| Où l’argent se trouve | À quel nom le compte est ouvert | Si l’appli coule |
|---|---|---|
| Dans une banque, à votre nom | Au vôtre | Vous êtes client de la banque, et la banque vous doit toujours la somme |
| Dans une banque, en fiducie pour vous | À celui de l’appli, comme fiduciaire, avec vous nommé bénéficiaire | Un administrateur démêle le registre et vous rend votre argent |
| Regroupé au nom de l’appli | À celui de l’appli | L’assurance-dépôts suit l’appli, pas vous |
La dernière ligne, c’est la position de la SADC, pas notre lecture. Quand une fintech place l’argent de ses clients dans un compte à son propre nom, la SADC écrit (s'ouvre dans un nouvel onglet) que sa protection « s’applique donc seulement à la fintech et non à ses clients ». La ligne du milieu est la plus courante au Canada. Wealthsimple détient les soldes de compte chèque en fiducie dans des institutions membres de la SADC, et Neo a fait passer ses nouveaux comptes à une formule en fiducie en 2026.
Vérification 2 : SADC, FCPI, ou ni l’un ni l’autre?
La SADC protège les dépôts assurables jusqu’à 100 000 $ par catégorie dans une institution membre. Le FCPI couvre les biens détenus par un courtier en placement ou en épargne collective insolvable, jusqu’à 1 million de dollars par groupe de comptes. Ni l’un ni l’autre ne couvre une appli qui ne détient rien. Ce sont trois questions différentes, et la plupart des gens ne posent que la première.
L’assurance-dépôts est plus étroite qu’elle en a l’air
La SADC paie quand une de ses institutions membres fait faillite. Cherchez le nom trouvé à la vérification 1 dans la liste des institutions membres (s'ouvre dans un nouvel onglet). Si le nom de l’appli ne s’y trouve pas, c’est normal plutôt qu’inquiétant, parce que presque aucune appli n’est membre. Ce qui compte, c’est que l’institution partenaire le soit, et que votre argent lui parvienne sous une forme que la SADC reconnaît. Nous avons détaillé les neuf catégories et le plafond de 100 000 $ dans notre guide sur l’assurance-dépôts de la SADC au Canada.
Le FCPI est un autre fonds, pour un autre événement
Si l’appli fait du placement plutôt que de détenir de l’argent comptant, le fonds pertinent est le FCPI, qui couvre les membres de l’Organisme canadien de réglementation des investissements. Il rend les biens qu’une firme détenait pour vous au moment où elle devient insolvable : 1 million de dollars pour l’ensemble des comptes généraux, ce qui inclut les comptes au comptant, les comptes sur marge, les CELI et les CELIAPP, un autre million pour les comptes de retraite enregistrés, et un troisième pour les REEE. Le FCPI est clair (s'ouvre dans un nouvel onglet) sur les deux choses qu’il ne fera pas. Il ne couvre pas une baisse de valeur de vos placements, quelle qu’en soit la raison, et il ne couvre pas les cryptoactifs.
Ni l’un ni l’autre, ça peut très bien aller
Beaucoup de bonnes applis se situent en dehors des deux. Une appli de budget qui lit votre solde ne détient aucun dépôt, alors la SADC n’a rien à quoi se rattacher et il n’y a rien qui manque. La question utile n’est pas de savoir si l’appli est assurée. C’est de savoir si votre argent, lui, se trouve dans un endroit assuré, et si l’appli change quoi que ce soit à ça.
Vérification 3 : l’entreprise figure-t-elle aux registres exigés?
La plupart des applis financières actives au Canada doivent figurer à au moins un registre public. CANAFE liste les entreprises de services monétaires. La Banque du Canada liste les fournisseurs de services de paiement. Le BSIF liste toutes les banques et sociétés de fiducie et de prêt sous réglementation fédérale. Les trois sont gratuits, consultables, et prennent moins d’une minute chacun.
Les registres, et ce que chacun veut dire
- Le registre des entreprises de services monétaires de CANAFE (s'ouvre dans un nouvel onglet) vise tout ce qui transfère des fonds, change des devises ou traite en monnaie virtuelle. L’inscription est obligatoire avant le début des activités, tous les champs sont interrogeables, et la liste est mise à jour mensuellement.
- Le registre des fournisseurs de services de paiement de la Banque du Canada (s'ouvre dans un nouvel onglet) est le plus récent, bâti sous la Loi sur les activités associées aux paiements de détail. On y cherche par nom légal, nom commercial principal et pays du siège social.
- La liste des institutions que surveille le BSIF (s'ouvre dans un nouvel onglet) sert à confirmer qu’une banque partenaire est bien une véritable institution sous réglementation fédérale.
- Au Québec, c’est un permis, pas une inscription. Une entreprise de services monétaires doit en obtenir un de Revenu Québec en vertu de la Loi sur les entreprises de services monétaires, et l’entreprise ainsi que chaque personne qui lui est associée passe d’abord une enquête de sécurité de la Sûreté du Québec. Le registre est public (s'ouvre dans un nouvel onglet).
Ce qu’un registre vous dit vraiment
C’est la partie que les gens lisent à l’envers. La page du registre de CANAFE le dit ainsi : « L’inscription auprès de CANAFE ne signifie pas que CANAFE donne son appui ou délivre un permis à l’entreprise. » La Banque du Canada le résume en une ligne : « La Banque ne cautionne pas les FSP enregistrés et ne leur fournit pas de licence. »
Figurer à un registre est donc un plancher. C’est l’absence d’un registre où l’entreprise est légalement tenue de figurer qui constitue une vraie trouvaille, et celle-là mérite qu’on agisse.
Regardez comment l’entreprise se décrit
L’article 983 de la Loi sur les banques fait une infraction du fait, pour une entreprise qui n’est pas une banque, d’employer les termes « banque », « banquier » ou « opérations bancaires » pour décrire ses activités au Canada. Le préavis du BSIF (s'ouvre dans un nouvel onglet) interprète la restriction largement : elle vise tout emploi qui pourrait raisonnablement laisser entendre au grand public quelle est la nature de l’entreprise, sur un site web comme sur une affiche.
Les entreprises qui ne sont pas des banques le savent et pèsent leurs mots. Ce soin-là est un assez bon indice du soin qu’elles mettent ailleurs.
Vérification 4 : que permet vraiment la connexion bancaire?
Une connexion en lecture seule peut voir votre solde et vos transactions, et rien d’autre, parce qu’aucune instruction ne repart vers votre banque. Une connexion avec paiements peut déplacer de l’argent. L’écran de consentement vous dit laquelle vous approuvez, et c’est l’écran que les gens passent le plus vite.
Lecture seule ou paiements
Les services de connexion vendent les deux, alors c’est l’appli qui décide de ce qu’elle a demandé. Une appli d’épargne ou de budget ne devrait avoir besoin que de la lecture seule, et les bonnes le disent en mots simples. Lisez l’écran de consentement une fois avant de l’accepter, et voyez si ce qui est demandé correspond à ce que fait l’appli. Notre guide sur le fonctionnement de Plaid au Canada détaille ce qu’une connexion peut atteindre et ce qu’elle ne peut pas.
Votre mot de passe est l’autre moitié
Au Canada, vous tapez encore votre mot de passe bancaire dans la fenêtre du service de connexion, parce que les banques d’ici n’ont pas encore activé la version sans mot de passe. Une connexion bien bâtie ne transmet pas ce mot de passe à l’appli et ne le conserve pas. Le cadre censé retirer cette étape est devenu loi en mars 2026 et n’est pas encore en service, ce que nous avons couvert dans le système bancaire ouvert au Canada. D’ici là, la question à poser est de savoir qui reçoit le mot de passe, pas s’il en faut un.
Vérifiez que vous pouvez y mettre fin
Peu importe ce que fait la connexion, vous devriez pouvoir la couper depuis l’appli et depuis les réglages d’applications liées de votre banque. Supprimer l’appli de votre téléphone ne révoque rien, et une connexion laissée active est le fil qui traîne le plus souvent.
Vérification 5 : qu’arrive-t-il à votre argent si l’entreprise coule?
Fiable et sécuritaire sont deux questions, et c’est ici qu’elles se séparent. L’assurance-dépôts répond à la faillite de la banque. Rien n’assure la faillite de l’appli. Ce qui vous protège là, c’est la structure trouvée à la vérification 1, plus des dossiers assez précis pour prouver quels dollars sont les vôtres.
Ce que l’effondrement de Synapse a vraiment montré
Synapse était un intermédiaire américain placé entre des applis grand public et les banques qui détenaient les dépôts. L’entreprise a déclaré faillite en avril 2024, et plus de 100 000 utilisateurs ont perdu l’accès à environ 265 millions de dollars pendant que les tribunaux cherchaient où il était passé. La syndique au chapitre 11, l’ancienne présidente de la FDIC Jelena McWilliams, a indiqué au tribunal (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) qu’entre 60 et 90 millions de dollars n’avaient toujours pas été retrouvés.
Les banques partenaires ont été assurées tout du long. Ça n’a jamais été la défaillance. La défaillance, c’est qu’aucun registre ne pouvait dire à qui appartenait quel montant, et que la succession n’avait pas les moyens du rapprochement comptable qui l’aurait établi. L’avis de la FDIC (en anglais) (s'ouvre dans un nouvel onglet) sur la règle proposée par la suite en retient la version ordinaire : dans bien des cas, ces fonds avaient été annoncés comme protégés par la FDIC.
La version canadienne de la même question
C’est la fiducie qui fait le travail ici, et elle vient avec une condition. La SADC protège les dépôts en fiducie par bénéficiaire, mais seulement si une fiducie valide existe et si les renseignements sur le fiduciaire et les bénéficiaires figurent aux dossiers de l’institution membre avant que quoi que ce soit tourne mal (s'ouvre dans un nouvel onglet). Cette exigence de divulgation, c’est exactement la tenue de dossiers qui manquait à Synapse.
Ces dossiers-là, vous ne pouvez pas les vérifier de l’extérieur. Ce que vous pouvez faire, c’est savoir dans quelle structure vous êtes, parce que ça vous dit quelle question poser à l’entreprise et à quoi ressemble une bonne réponse. Une appli qui ne détient jamais votre argent est le cas le plus simple : il n’y a aucun registre à rapprocher, parce que rien n’a jamais quitté votre compte.
Les cinq vérifications, côte à côte
| Vérification | Ce que vous cherchez | Où regarder |
|---|---|---|
| 1. Qui détient l’argent | Le nom de l’institution, et si c’est l’appli | Page de sécurité, contrat de compte |
| 2. SADC, FCPI ou rien | Ce nom dans une liste de membres | Membres SADC, membres FCPI |
| 3. Registres publics | L’entreprise là où la loi l’exige | CANAFE, Banque du Canada, BSIF |
| 4. La connexion bancaire | Lecture seule ou paiements | Écran de consentement, réglages |
| 5. Si l’entreprise coule | Votre nom au compte, ou une fiducie divulguée | Contrat de compte |
Ce que les cinq vérifications disent de Lodavo
Lodavo publie ce site, alors il est normal de les faire sur nous.
La vérification 1 n’a pas de réponse, parce que Lodavo ne détient aucune partie de votre argent. Ça règle aussi la vérification 2 : la protection de la SADC ou la protection provinciale que votre solde a aujourd’hui, c’est celle qu’il garde. Pour la vérification 3, Lodavo est une entreprise montréalaise fondée en 2024, et l’appli a été lancée partout au Canada en avril 2026. Pour la vérification 4, vous pouvez couper la connexion depuis l’appli quand vous voulez. La vérification 5 est la plus courte : il n’y a aucun registre de votre argent à rapprocher nulle part.
Ce que Lodavo ajoute, c’est une raison de faire monter le solde. Chaque tranche de 25 $ que vous gardez épargnée vous donne un billet gratuit dans un tirage hebdomadaire, au moins 100 $ vont à un utilisateur chaque semaine, et le gros lot est de 10 000 $. Nous nous sommes soumis à la version longue de tout ça dans un regard honnête sur la fiabilité de Lodavo.
Alors, cette appli est-elle fiable?
Le plus souvent, oui. La plupart des applis financières canadiennes sont ce qu’elles disent être, et les cinq vérifications vous le diront plus vite qu’un après-midi de lecture d’avis. Elles vous diront aussi la chose la plus utile, soit contre quoi vous êtes réellement protégé.
Fiable veut dire que l’entreprise est réelle, inscrite, et honnête dans sa façon de se décrire. Sécuritaire veut dire que vous savez où votre argent se trouve et ce qui lui arrive le pire jour de l’entreprise. Faites les cinq et vous aurez les deux réponses, sans avoir eu à en croire une seule sur parole.
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